
Ces textes ont été sélectionnés, écrits ou adaptés en vue de servir d'ouverture à une séance de méditation.
Chaque texte compte environ 300 mots et la durée de lecture à haute voix est d'environ 3 minutes.
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Méditation du 14 juillet 2026
#nature-profonde #respiration

Nous portons notre attention à la respiration.
Or, qui dit respiration dit spiritualité. Les deux mots ont la même racine latine - spir. Esprit en latin se dit spiritus.
Être en quête de spiritualité, c'est donc être en quête de son propre souffle.
Lorsque nous rencontrons une personne vraiment spirituelle, nous nous écrions : "Quel souffle !". Ce qui revient à dire "Quelle présence ! Quelle plénitude ! Quel esprit !".
Prise dans ce sens, la spiritualité n'est pas l'apanage de ceux qui appartiennent à une religion. Aucune religion n'en a le monopole.
Il s'agit simplement d'aspirer à être pleinement humain, animé par un souffle intérieur. Aspiration éminemment universelle.
À nous d'ouvrir l'espace sur l'infini, à nous d'ouvrir le temps sur l'éternité. À nous d'inventer la respiration douce du visible et de l'invisible, du corps que nous sommes et du souffle qui l'habite et le transfigure.
Texte d'ouverture pour une méditation, adapté d'un chapitre du livre "Du bon usage de la vie" de Bernard Besret.
Méditation du 7 juillet 2026
#nature-profonde #séparation

En se tournant vers l'extérieur et en étendant systématiquement son observation des êtres et des choses, l'homme a construit des modèles d'interprétation du monde. C'est la démarche scientifique.
En se tournant vers l'intérieur de lui-même et en étant de plus en plus attentif à la perception de l'être, l'homme est parvenu à la conviction que tout ce qui existe est redevable d'un réel sous-jacent qui le dépasse totalement.
Le profane serait-il du domaine exclusif de la science et le sacré du domaine réservé des religions? Comment rendre compte de façon pertinente de l'expérience que nous faisons du réel ?
Si aucun des phénomènes que nous connaissons ne peut s'identifier au réel ultime qui les fonde, alors tout ce que nous connaissons est profane. Le réel ultime n'échappe pas seulement à notre expérience quotidienne. Il échappe aussi à la sagacité des chercheurs les plus avancés.
Par ailleurs, tout ce qui existe est soutenu dans l'être par le réel ultime qui le fonde. Ce qui fait dire aux bouddhistes que la nature de Bouddha est autant dans la crotte de chien que dans le diamant, du seul fait que les deux existent. Tout est donc, pour celui qui y est attentif, une manifestation de la réalité ultime.
Tout peut devenir sacré. Cela dépend de notre regard. Si notre regard s'arrête au niveau phénoménal, alors l'être ou la chose qu'il perçoit est strictement profane. Si notre regard le pénètre au point de faire éclore l'intelligence du dedans, alors l'être ou la chose qu'il perçoit devient authentiquement sacré.
L'eau, l'air, la terre, le feu, selon le regard qui les contemple sont des réalités purement profanes qui peuvent faire l'objet de toutes sortes d'analyses scientifiques et sont aussi la manifestation lumineuse du réel tel qu'il est en lui-même, au-delà de toutes nos élucubrations.
Par notre attention, par la qualité de conscience avec laquelle nous nous rendons présents, tout peut devenir sacré et être l'occasion d'une épiphanie qui nous introduit à l'intelligence du réel ultime.
Texte d'ouverture pour une méditation, adapté d'un chapitre du livre "Du bon usage de la vie" de Bernard Besret. La photographie a été prise dans le sanctuaire Nostra Signora Assunta della Costa, à San Remo, en Italie.
Méditation du 30 juin 2026
#nature-profonde

Il y a un vieux dicton zen qui dit : « Fais ce pas en arrière qui fait briller la lumière vers l’intérieur. »
Ce pas en arrière est précisément un pas vers l’obscurité, vers le mystère qui nous accompagne en permanence, mais qu'on ne perçoit pas dans le monde qui s’offre à nos yeux.
Quand on fait ce pas, on découvre quelque chose qui a toujours été là, quoi que nous vivions. C’est là depuis que nous étions tout-petits, depuis notre enfance et notre adolescence. Certaines traditions affirment que c’est même là depuis que nos parents étaient tout-petits et enfants, voire avant même leur naissance. Et c’est toujours là, en ce moment même.
Imaginez que vous contemplez le monde. Ou remarquez que vous êtes effectivement en train de contempler le monde en ce moment même. Juste derrière le point d’origine de votre regard, se pourrait-il qu’il y ait en réalité un espace ? Vous ne pouvez pas vous retourner pour le voir, car lorsque vous vous retournez, il reste toujours derrière vous, pour ainsi dire. Mais vous pouvez laisser votre conscience s’enfoncer un peu vers l’arrière, reculer dans un espace obscur juste derrière vous, et qui est toujours avec vous.
Faites ce pas en arrière qui tourne la lumière vers l’intérieur. Ce n’est pas un pas physique, et ce n’est pas non plus un regard en arrière. Encore une fois, si vous regardez en arrière, vous regardez en réalité toujours vers l’avant, depuis votre point de vue. C’est un retour en arrière, un retour vers quelque chose qui est déjà là.
C’est plus proche que proche. Si proche que nous ne pouvons presque pas faire autrement que de l’ignorer. Sauf que nous pouvons faire ce subtil pas en arrière. Retourner au cœur de notre propre être. Retourner à ce que nous avons toujours été. Là où, étrangement, nous trouvons le monde entier qui nous attend.
Texte d'ouverture pour une méditation, adapté du texte "Taking the Backward Step" de Henry Shukman.